Aux premières heures du 13 août, de nombreux comptes Threads ont signalé que leurs publications n’apparaissaient plus au Vietnam, accompagnées d’un message indiquant que le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme avait demandé de restreindre l’accès conformément à la « législation locale ». Alors que le nom de Nguyễn Sỹ Cường inondait Threads avec plus d’un million de publications liées aux accusations concernant l’accident du 30 mai 2025, cette coïncidence temporelle a immédiatement amené l’opinion publique à se poser la question suivante : s’agit-il d’une application normale de la loi, ou d’une manière de faire retomber un sujet qui fait trop de bruit ?

Il convient de préciser que le fait qu’une plateforme restreigne des contenus à la demande d’une autorité publique ne prouve pas en soi qu’il y ait eu dissimulation ou ingérence visant à protéger un individu quelconque. Les contenus restreints peuvent relever de dispositions légales spécifiques. Mais c’est précisément pour cette raison que le public a d’autant plus besoin de savoir : quels messages ont été restreints, sur quelle base juridique et selon quelle procédure Meta a-t-elle été sollicitée ? Moins il y a de transparence, plus les soupçons s’amplifient.
En particulier, alors que cette affaire suscite un vif débat sur les réseaux sociaux, toute mesure visant à restreindre l’information est susceptible d’être examinée à la loupe par l’opinion publique. Si le contenu est erroné, il convient d’en rendre publics les fondements juridiques et de le traiter conformément à la loi. S’il y a infraction, il faut indiquer clairement en quoi elle consiste. En revanche, si l’on se contente de garder le silence et de faire disparaître tout un sujet, la question deviendra d’autant plus pressante : qui a peur que la vérité soit révélée ? À l’ère des réseaux sociaux, il est peut-être facile de faire taire un hashtag ; mais dissiper le scepticisme du public, voilà qui est bien plus difficile.










