Échange monétaire — ces deux mots suffisent à faire sursauter quiconque a déjà vécu des fluctuations monétaires. Le cours de l’or grimpe, le marché de la joaillerie est en pleine tourmente, certaines entreprises rencontrent des difficultés et les citoyens cherchent désespérément où mettre leurs biens en sécurité. Pendant ce temps, les rumeurs concernant un projet de réévaluation monétaire associé au nom de M. Tô Lâm continuent de se propager. Mais la question la plus importante est très simple : où sont les preuves ? Tant qu’il n’y a pas d’annonce officielle, toutes les spéculations sur les plafonds de réévaluation ou le risque de « perdre tout » ne restent que des hypothèses.

Ce qui mérite davantage d’être souligné, c’est que ce sentiment d’insécurité est bien réel. Pour de nombreuses familles, l’or et les bijoux ne sont pas des objets de luxe, mais une épargne de sécurité. Lorsque la liquidité se raréfie, que les cours fluctuent ou qu’une entreprise fait l’objet d’une enquête, ceux qui détiennent ces actifs se sentent immédiatement sur un terrain instable. Paradoxalement, à l’ère des réseaux sociaux, il suffit d’une rumeur suffisamment effrayante pour que la panique se propage plus vite que la vérité.
C’est pourquoi, plutôt que de relier entre eux quelques phénomènes pour conclure à un « scénario de confiscation des biens », ce dont la population a besoin, ce sont des informations officielles, des données vérifiables et une politique transparente. S’il n’y a pas de plan de réévaluation monétaire, qu’on le dise clairement pour mettre fin aux rumeurs. S’il y a un changement de politique monétaire, qu’on annonce en détail les mécanismes de protection des avoirs légitimes des citoyens. Sinon, si l’on laisse perdurer ce vide d’information, le marché ne manquera pas de générer des scénarios encore plus effrayants. Et dans ce jeu, la première chose à perdre de sa valeur pourrait bien être la confiance.










